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Source : CNIL
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Dans son numéro double d’été, la revue « L’Histoire », propose de parcourir 1000 ans de capitalisme.
Excellente initiative, au moment où l’une de ses versions les plus extrêmes est en train de détruire les sociétés humaines et la planète qui les héberge. Même si on peut faire remonter ses fondements à l’apparition des premiers échanges induits par la sédentarisation, puis de l’accumulation de biens, c’est bien le Moyen-Age qui voit la naissance du processus qui va animer les sociétés humaines et leurs économies pour les siècles à venir, son amplification intervenant à partir du XIXème siècle. Cette parution passionnante me permet de revenir sur la menace qu’il représente aujourd’hui. Au fil du temps, le capitalisme a revêtu des formes diverses, il a été ce qu’on a bien voulu en faire. Et se rendre à l’évidence : ce système est consubstantiel aux sociétés développées où les échanges de marchandises sont intenses et constants. On a bien cherché à en développer d’autres, en vain, celui-ci revient toujours par la porte ou la fenêtre, parce qu’il va de soi dans la configuration sociale dominante organisant la vie des humains. Parmi ses formes diverses, il en est une qui a donné de meilleurs résultats au sens de la vie quotidienne des gens : le capitalisme contrôlé par les états, juste après la seconde guerre mondiale. A tel point, que les années durant lesquelles les forces contraires ne sont pas parvenues à l’abattre sont connues comme les Trente Glorieuses ! Mais pas pour ceux d’entre nous qui n’en ont jamais assez. Les années 1970 ont vu la fin de cette période où tout semblait possible, où l’on n’avait pas encore pris conscience des limites de notre vaisseau planétaire et de la faiblesse des systèmes démocratiques face aux ambitions des plus déterminés. Dès ce moment, sous les coups de ces derniers, thuriféraires de l’École de Chicago, fanatiques de la destruction créatrice et de la disparition de toutes contraintes au grand marché libre entre individus libres, le capitalisme a pris une forme devenue vite incontrôlable et dont les conséquences mortelles accélèrent de façon hyperbolique vers un accaparement délirant des richesses produites par le travail humain, au profit d’un petit groupe de salopards dont la puissance et la force de frappe dépasse déjà celle de la plupart des états du Globe. Tout est transformé en marchandises, passé sous les fourches caudines coût/profit, les relations sont déshumanisées, la loi de la jungle elle-même semble encore trop contraignante à l’excès de liberté qui détruit inexorablement toute relation humaine qui ne soit pas tarifée. Le but rêvé des nouveaux nababs est d’éliminer autant que faire se peut l’humain de l’équation, l’humain et ses faiblesses, ses besoins, ses syndicats et règlements, le cortège de ses impédimentas et son imprévisibilité ! Un but poursuivi à coup de robotisation, le coup de grâce étant attendu avec ces soi-disant intelligences artificielles prêtes à tout ce qu’on leur dira de faire, les états d’âmes étant relégués aux oubliettes de l’Histoire. Qu’allons-nous devenir dans un monde où les machines produiront des richesses que nul ne saura acheter faute d’argent totalement confisqué déjà par quelques-uns ? L’histoire politique des grands pays durant les cinquante dernières années n’est qu’une longue litanie de reculs, de renoncements, de méthode Coué, de lâcheté et de conformisme. Les grands acteurs du passé, dont les convictions avaient su imposer une vision humaniste du Monde, ont disparu, sans descendance connue, remplacés par des gestionnaires à la botte des pouvoirs économiques et le plus souvent corrompus par eux. Quant aux humains, ils sont le minerai exploité jusqu’à la corde pour en sortir un maximum de profit, sans le moindre souci de leur préservation et de leur avenir tant l’immédiateté s’est imposée. Le fric est dans nos poches, seulement dans nos poches, sachons-le, avant de sombrer dans les bras de la propagande qui promet des lendemains meilleurs. Il n’y en aura pas tant que nous n’aurons pas repris avec le plus grand courage le contrôle politique de l’économie et cloué le bec aux accapareurs qui se servent aujourd’hui sans la moindre opposition. Pensez-y lors des prochaines élections présidentielles qui, pour l’instant, n’augurent qu’un choix entre peste et choléra. |
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AlternativeS DémocratiqueS 2011-2026
