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Source : CNIL
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Les anciens comme moi se souviennent d’une lointaine polémique qui défraya la chronique lorsqu’un perspicace découvrit que dans l’éducation nationale, sous-genre éducation physique, quelqu’un s’était aventuré à tordre le bras à un vocabulaire pourtant bien établi et installé dans les cervelles depuis des lustres. C’est ainsi qu’entre autres, est apparu le médium bondissant.
Quèsaco ? Un kangourou ? Une plaque d’aggloméré volant au vent ? Un avatar du doigt d’honneur ? Rien de tout ça ! On parle ici d’un modeste ballon, au prétexte qu’il s’échange entre joueur en rebondissant par terre. Pourquoi ne pas tourner le dos au rasoir d’Ockham ? Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ? Cette histoire n’aurait pu être qu’anecdotique, mais non, c’était juste le début d’un embrouillamini de la langue véhiculaire, de sa complication par remplacement de mots précis par des périphrases souvent tordues, au prétexte que leur sens pouvait blesser certains. Ah ? Cette dérive a rapidement fait tache d’huile au point qu’à présent, on ne sait plus trop comment s’exprimer de peur de se faire conspuer, attaquer, voire mal comprendre ! Opposition larvée et occulte à tout débat non préparé. Une langue n’est pas gravée dans le marbre, elle malmène sans cesse ses dictionnaires pour un certain nombre de raisons. Parlons-en. Nous sommes ici à l’inverse du jargon que s’invente par commodité chaque métier, dont les tenants inventent des mots lourds de sens condensé, comme des images qui en disent bien plus long qu’un interminable baratin. Des mots permettant de comprendre des intentions ou des choses compliquées en un instant et qu’on apprend avec les gestes du métier, comme un tout, comme un outil. Nous ne sommes pas non plus confrontés aux abus de langages, lorsque des mots sont utilisés à tort et à travers, dans un sens contraire ou exagéré au leur propre. Par exemple, aujourd’hui, à en croire certains, on génocide à tour de bras sur la planète alors que non, tout massacre qui est un fait, n’est pas un génocide qui est une intention. Autre raison, l’évolution de la langue avec le temps et celle de la société. On ne parle plus comme il y a cinquante ans, il suffit de regarder des films bien datés pour constater que les mots, les accents, les intonations ont changés. Encore qu’avec « Les tontons flingueurs »… ça s’obstine ! Alors, pourquoi se compliquer la vie en tournant autour du pot sans dire les choses telles que notre belle et très riche langue sait si bien le faire ? Abus de droit de ceux qui trouvent que le mot les désignant est discriminant ? Abus d’élitisme de ceux qui ne veulent surtout pas être compris de la masse des gueux mal sachants ? Influence de l’idéologie dominante qui impose une vision binaire de toute chose au point que les mots sont pris au premier degré, débarrassés de toutes les nuances sous-entendues par leurs étymologies et leurs usages ? Volonté d’embrouiller la compréhension entre les gens pour mieux les isoler dans leurs bulles ? Je n’en sais rien, je ne suis qu’un mécanicien peu au fait des choses de l’esprit. Mais je n’en pense pas moins. Et justement, mon métier et ses variantes m’ont confronté très vite à ses langages si précis mais inutiles et abscons hors de ce cadre. Idem dans le monde militaire qui a aussi ses mots et une concision extrême, pour ne pas encombrer les transmissions ! Et comme tout le monde, je tords souvent le bras à certains mots qui prennent un tout autre sens et enrichissent l’expression et la coloration des idées. Une histoire de sardine et de Vieux Port, si vous voyez ce que je veux dire. A contrario, la périphrasite aigüe qui fait des ravages au point qu’on évite certains sujets ou bien qu’on les évoque par des périphrases de plus grande envergure encore, me laisse perplexe et soupçonneux d’intentions obscures, sans devenir complotiste pour autant. Elles me semblent des murailles édifiées comme pour cloisonner les gens, les mettre dans des boites avec une étiquette... |
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