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Source : CNIL
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Vivrions-nous dans un monde de chochottes ?
D’aucuns s’esbaudissent lorsqu’ils entendent que les ados rebelles sont si sensibles à la chaleur que les épreuves du BAC pourraient être décalées en attendant un improbable retour de la Nature à la raison. Ceci venant s’ajouter aux angoisses climatiques, économiques, guerrières, I.A.tesques et pire que tout, de devenir une cible sur les réseaux... D’autres persiflent à propos du stress post-traumatique de nos soldats de retour de zones de guerre avec la tête pleine d’horreurs, la perte de copains ou quelques méchantes blessures… Je n’ose qu’à peine évoquer l’infini chapitre des violences de toutes sortes infligées aux femmes et aux enfants, dont on parlerait trop et trop souvent, etc. Une part de l’Humanité semble vivre en enfer, une autre se fiche d’elle en évoquant des pétoches d’anémones de mer… Ainsi va le monde. Cela me rappelle mon grand-père paternel qui en avait vu bien d’autres – quatre ans de tranchées, blessures, etc. ! – qui ne cessait de râler contre les yéyés et autre beatniks aux cheveux longs et au cuir trop mince, qui lâchaient le pinard pour le Coca et bavaient sur le drapeau ! Intarissable ! Chaque génération vieillissante, convaincue de détenir la vérité du monde, et inquiète de le laisser aux mains fragiles de descendants leur semblant bien mous du genou, se laisse aller à ce genre de critique à la « c’était mieux avant ! ». Eh oui, les sociétés évoluent avec ceux qui les composent. Les jeunes feront-ils plus mal ? Connaissant un peu l’histoire du monde, le bilan est assez mitigé entre les réussites et les ratages qui se succèdent avec une régularité de pendule ! Ceux que les vieux critiquent ne sont autres que ceux qu’ils ont élevés, ce serait à se tirer une balle dans le pied si nous n’étions pas si friands des pires contradictions. Les conditions de vie des Humains ont elles aussi évoluées d’une manière générale vers le meilleurs ce qui ne les empêchent pas de se vautrer top souvent dans la pire férocité. Il suffit de jeter un coup d’œil panoramique sur notre monde pour constater les écarts pharamineux entre, par exemple, les Scandinaves et ceux de Gaza ou du Soudan ! Pourtant, cela se passe bien au même moment ! Cette simultanéité m’interpelle pour une autre raison, qui rejoint un peu la jérémiade des anciens qui vitupèrent contre les jeunes trop mous : que pourrait-il se passer si, par hasard, on en venait un jour à une confrontation directe, armes à la main, entre les biens lotis et les va-nu-pieds ? Dans une telle hypothèse que j’invite d’ailleurs à n’en rester qu’une, qu’en serait-il du choc entre des gens si différentes, entre ceux qui ont pris l’habitude de sous-traiter les sales boulots à moins bien lotis et ceux qui, manquant de tout, se servent par une prédation de rencontre ? Inutile d’aller au bout du monde pour trouver un terrain favorable à ce genre de confrontation. Dans les fameux « quartiers » abandonnés par la République et livrés à diverses lois du plus fort, religieuse, maffieuse, clanique, où les gamins sont habitués tout petits à jouer des poings ou pire pour seulement exister, où l’omerta enferme chacun dans une complicité obligatoire, où les liens sociaux dégénèrent au point que nul n’imagine plus le monde autrement qu’au travers de la lorgnette dominante, nous avons vu se creuser un gouffre avec le reste du pays. Les inégalités sociales y sont si vertigineuses que leur différence de potentiel au point de contact, créé un courant d’une intensité et d’une tension tellement élevée que bientôt, si la République ne vient pas reconquérir ces terres abandonnées, il faudra mobiliser des forces de l’ordre pléthorique pour protéger la manière de vivre excessivement vulnérable du reste de la population. Cette évolution détestable s’accélère et se durcit avec la mise en place d’économies parallèles autonomes. Monde de chochottes contre celui des durs à cuire. À un moment où le pays se réveille brutalement au son des canons qui tonnent tous azimuts, on est en droit de s’inquiéter encore plus de qui pourra s’opposer à des ambitions hégémoniques bien plus conséquentes et létales que celles de dealers qui ne connaissent que leur quartier ! Il est urgent avant tout, de mettre la République au centre du débat. Le moment venu, nous saurons enfin, dans l’allégresse ou la honte, si ceux d’aujourd’hui sont plus mous ou plus durs que ceux de 14 ou de 40. |
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AlternativeS DémocratiqueS 2011-2026
