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Source : CNIL

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SUJET : Les cercueils de zinc

Les cercueils de zinc 03 Jan 2026 18:20 #2736

Je viens de lire d’une traite ou presque, le livre de Svetlana Alexievitch « Les cercueils de zinc », paru en 1989, essai documentaire sur les soldats russes en Afghanistan. Et sur leurs mères. Soldats revenant de l’enfer de cette guerre qui a duré de décembre 1979 à février 1989, vivants mais bouleversés à jamais, ou, pleurés par leurs mères, morts, dans des cercueils de zinc…
Pas le genre de littérature qui transporte d’enthousiasme, surtout en ce qu’elle nous montre, nous les humains, comme de drôles d’oiseaux, capables du meilleur et surtout du pire, suivant les conditions de température et de pression.
Parlons-en, de ces conditions de température et de pression !
Les premiers soldats partis au secours de la Révolution Mondiale dans ce qui allait se révéler une sorte de Vietnam sauce soviétique, ont vite déchanté en comprenant que les populations opprimées qui n’attendaient qu’eux, dixit leurs officiers politiques, étaient surtout disposées à tout faire pour qu’ils débarrassent le plancher et les laissent mener leurs existences comme ils l’entendaient. Les valeurs des uns ne sont pas les valeurs des autres, c’est une première grande constante de la vie des peuples.
La seconde constante consiste à croire, en se rendant au bourrage de crâne des maitres du moment, que certains peuples ont une mission quasi messianique devant apporter un avenir radieux aux autres, égarés, fût-ce au prix de quelques débordements justifiés par la noblesse de la mission.
On ne sort pas indemne de ce genre de livre. D’autant que cette Svetlana Alexievitch a reçu en 2015 le prix Nobel de littérature pour l’ensemble d’une œuvre consistant en essais documentaires sur les dégâts occasionnés sur la population soviétique par une histoire particulièrement âpre et sanglante, ce depuis la Seconde guerre mondiale. A présent, j’ai tout lu. Des pavés d’une richesse extraordinaire sur l’espace mental d’un peuple asservi depuis des lustres, qui n’a jamais connu de répit, ne changeant d’un maitre cruel que pour en hériter d’un pire. La suspension de cette fatalité dans les années 90 n’a pas eu les effets escomptés par les rêveurs qui imaginaient que ce peuple enfin libéré allait s’émanciper et enfin respirer un air de liberté.
Que nenni. Il a réélu à la première occasion un autocrate en devenir dont le parcours exemplaire depuis 2000 ne l’a pas déçu le moins du monde dans l’espoir confus d’un retour au bonheur soviétique mais sans la tromperie autour de communisme. Parfait exemple d’une paranoïa structurelle appelant un pouvoir fort contre des menaces imaginaires qu’il entretient soigneusement à coup de propagande et de mensonges plus immenses que ce grand pays qu’aujourd’hui, connaissant les expéditions perdues de Napoléon 1er et des Nazis d’Hitler, personne n’a envie d’envahir.
Cette lecture pousse à se demander ce qu’il en est des soldats actuellement engagés dans la fameuse « Opération spéciale » en Ukraine. Et de leurs mères qui voient revenir des zombies ou des cercueils de zinc dans des quantités bien supérieures à celles en jeu pour l’Afghanistan.
En soi, rien n’indique que les conséquences de ces combats ne soient pas les mêmes que celles subies par leurs anciens, nous nous heurtons ici à une troisième constante, la guerre abime ses survivants, qu’ils soient ou non combattants.
L’époque n’est cependant plus la même, ceux qui revenaient d’Afghanistan retrouvaient un univers familier, celui de leur jeunesse, des grands soirs et des lendemains qui chantent, la force de la propagande leur imposait de ne pas se demander pourquoi cette guerre et ces massacres puisque c’était pour le bonheur des peuples asservis.
Que se passe-t-il donc dans la tête de ceux qui se battent aujourd’hui ? Ils sont bien sûr nourris de propagande et de mensonges mais ils ont bien compris qu’ils n’étaient pas attendus avec des bouquets de fleurs par les Ukrainiens. Ce bourrage de crâne est-il aussi puissant à présent, non plus édifié sur de grandes idées certes dévoyées, mais sur les mensonges de la fuite en avant désespérée d’un régime qui ne tient que sur des conflits et guerres inventées pour cela ?
Je me leurre peut-être en tentant de me rassurer ainsi sur un avenir incertain, car l’œuvre de Svetlana Alexievitch trahit aussi la capacité de ce peuple à endurer le pire et à s’inventer pour cela les boucs émissaires les plus innocents et improbables tant il lui est difficile d’admettre sa difficulté à sortir de cette fatalité historique.
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