AlternativeS DémocratiqueS - Un bricoleur génial va sauver la France

REMARQUE ! Ce site utilise des cookies et autres technologies similaires.

Si vous ne changez pas les paramètres de votre navigateur, vous êtes d'accord. En savoir plus

J'ai compris

Qu'est-ce qu'un cookie ?

Un cookie est une information déposée sur votre disque dur par le serveur du site que vous visitez.

Il contient plusieurs données :

  • le nom du serveur qui l'a déposée ; 
  • un identifiant sous forme de numéro unique ;
  • éventuellement une date d'expiration…

Ces informations sont parfois stockées sur votre ordinateur dans un simple fichier texte auquel un serveur accède pour lire et enregistrer des informations.

A quoi servent les cookies ?

Les cookies ont différentes fonctions. Ils peuvent permettre à celui qui l'a déposé de reconnaître un internaute, d'une visite à une autre, grâce à un identifiant unique.

Certains cookies peuvent aussi être utilisés pour stocker le contenu d'un panier d'achat, d'autres pour enregistrer les paramètres de langue d'un site, d'autres encore pour faire de la publicité ciblée.

Que dit la loi par rapport aux cookies ?

La réglementation prévoit que les sites internet doivent recueillir votre consentement avant le dépôt de ces cookies, vous indiquer à quoi ils servent et comment vous pouvez vous y opposer. En pratique, un message doit apparaître quand vous vous connectez au site pour la première fois pour vous indiquer comment accepter ou au contraire refuser les cookies.

Comment bloquer les cookies ?

Vous trouverez des conseils pour installer des outils vous permettant de bloquer certains cookies lors de votre navigation. Pour les professionnels, nous proposons des fiches pratiques pour qu'ils puissent respecter leurs obligations légales.

Comment est-il possible de savoir quels sont les cookies déposés lors de ma navigation ?

Les experts de la CNIL ont développé un outil que vous pouvez installer en quelques clics qui s'appelle CookieViz. Il vous permettra de visualiser en temps réel l'ampleur du phénomène des cookies ainsi que le nombre impressionnant d'acteurs qui interviennent pour analyser votre navigation. 

Source : CNIL

Connexion

Connexion à votre compte

Identifiant
Mot de passe
Maintenir la connexion active sur ce site

Il est des bricoleurs de génie. On connait Konrad Zuse, Léonard de Vinci, Thomas Edison. Le Point nous en révèle un autre, Jean-Claude Bourrelier, patron de Bricorama. Il vient de publier Ma boîte à outils pour la reprise.

 

Le Point énumère six idées géniales qui permettront de sortir la France de la crise.

• La première concerne les charges sociales. Les charges sociales sont un des deux éléments qui composent le salaire. Il y a le salaire direct, perçu chaque mois. Il y a le salaire indirect, qui n’est perçu que plus tard, selon les besoins : assurance maladie, retraite, congés payés, indemnités chômage. Bien entendu, ces deux composantes du salaire sont payées par la même personne, à savoir l’employeur.

Dans le cerveau génial de notre bricoleur, ce sont les salariés qui payent le salaire indirect : « Ces charges, contrairement aux idées reçues, sont en réalité payées intégralement par le salarié. C’est lui la victime des salaires réduits au minimum par le poids des charges, et non pas l’employeur. Les charges patronales sont en réalité payées par le salarié, puisque l’employeur les répercute sur des salaires maintenus ainsi bien trop bas. »

Et voilà la première mesure qui va mettre fin à la crise : « La mesure qui s’impose, et d’urgence : la suppression de toutes les charges qui pèsent sur le travail. J’ai bien dit suppression et non pas réduction ! »

C’est malheureusement là que, n’ayant pas un cerveau aussi brillant, je ne comprends pas l’intérêt de la manœuvre. Qu’est-ce que cela peut bien faire à l’entreprise que les charges soient supprimées pour être reversées sous forme de salaire direct ?

Puisque : salaire = salaire direct + charges sociales

À moins que… Non ! Vous avez mauvais esprit ! Comment soupçonner monsieur Bourrelier de calculs aussi sordides ? À moins que… les salariés ne renoncent à tout (il a bien dit “suppression”), à leur retraite, à leur assurance maladie, à leurs congés payés, à leurs allocations chômage contre une hausse inférieure de leur salaire direct. Mais, vraiment, je trouve votre raisonnement tortueux et indigne d’un pareil génie !

• Les 35 heures. Le patron de Bricorama était contre, est contre et sera contre les 35 heures. Il avait proposé, « au lieu de réduire de 10 % le temps de travail, en le faisant passer de 39 à 35 heures, d’augmenter les salaires en deux fois, sans toucher aux bases qui servent à calculer les cotisations sociales. »

Bon, on l’a déjà compris, il ne veut pas payer le salaire indirect (les cotisations sociales, c’est synonyme de charges sociales). Donc, il y aurait partiellement gagné avec sa proposition. Mais pourquoi une telle insistance et en quoi est-ce que ça relancerait l’économie ? Encore une fois, je sens que vous glissez sur la pente mauvaise de la suspicion. Les 35 heures, il est difficile de revenir dessus, ça prend des décennies pour les liquider. Tandis qu’une augmentation de salaire de 10 %, elle se rattrape toute seule grâce à l’inflation au bout de quelques années.

• L’actionnariat salarié. C’est une vieille idée, déjà lancée par le général De gaulle dans les années 60 sous le nom de participation. Il est curieux que monsieur Bourrelier ne veuille pas payer de cotisations sociales parce que ça empièterait sur le salaire direct, mais veuille prendre sur ce même salaire pour distribuer (ou plutôt vendre) des actions aux salariés. À moins que… Évidemment, cette part du salaire, au lieu de revenir aux salariés, retournerait au capital de l’entreprise !

La Sécurité Sociale. Monsieur Bourrelier constate que la Sécurité Sociale est devenue inégalitaire : « Elle s’avère plus solidaire pour certains que pour d’autres ! Ce sont les plus faibles qui sont les moins généreusement pris en charge. » Il ne va pas jusqu’à expliquer pourquoi : parce que les remboursements n’ont cessé d’être réduits et que pour avoir une couverture sociale convenable, les salariés doivent souscrire à des mutuelles complémentaires (prise sur leur salaire direct) — ce que tous ne peuvent pas se permettre.

Et là, le raisonnement touche au génie : « Il devrait appartenir à chacun de se couvrir et de s’assurer pour ses propres risques. Je fais de la haute montagne, est-il normal que la société assure les risques que je prends dans mes excursions ? »

Tenez, moi, par exemple, j’ai décidé de ne pas attraper le cancer, je suis contre. Je n’ai donc pas besoin de m’assurer contre ce risque. Ni contre la tuberculose, la maladie d’Alzheimer… Chacun décide, prend ses responsabilités ! C’est sûr qu’une telle proposition va relancer la croissance, le lien est évident.

• Les retraites. « Il faudrait évoluer vers des retraites au financement multiple. » Je ne détaille pas, vous avez déjà compris le schéma, les entreprises devraient en payer le moins possible. Aux États-Unis où ce processus est achevé, on constate une forte augmentation des suicides dans la population blanche d’âge médian (autour de la cinquantaine) dont la principale cause serait l’angoisse au sujet de la retraite. Mais voilà que, ici, ça va relancer l’économie !

La fonction publique. Selon notre patron, l’ennemi du salarié de l’entreprise privée, ce ne serait pas lui, c’est le salarié du secteur public : « Je déplore que les salariés de Bricorama et les autres paient très cher une fonction publique trop nombreuse, tentaculaire ». C’est bien évident, il faut réduire le personnel de la fonction publique, ça va relancer l’économie. C’est fastoche, il y a tant de personnel en surnombre ! Dans les bureaux de poste des villages et des quartiers, dans les gares et les stations de métro, à tous les guichets… Il y en a marre de voir les infirmières se prélasser en attendant des malades ! Supprimer tous ces flics et ces militaires qui montent inutilement la garde. Un patron du privé saurait réduire leur nombre tout en augmentant leur efficacité : en les affectant là où il se passe quelque chose ! Monsieur Bourrelier nous décrira surement comment il compte s’y prendre dans le prochain volume de ses réflexions.

En tout cas, si ses mesures étaient appliquées, sûr qu’elles relanceraient Bricorama, grâce au petit guide « Fabriquez vous-même votre cercueil avec les planches et les outils Bricorama ! »

  • J'ajouterai qu'il est inquiétant qu'un autodidacte propose sa boite à outils pour la reprise : il n'est plus nécessaire d'avoir subi un lavage de cerveau dans une école de commerce pour se couler avec délice dans le moule libéral !
    Etant plein aux as, les conséquences de ce qu'il préconise en terme de démolition systématique de tout ce qui évite aux salariés de redevenir des esclaves, ne l'effleure pas une seconde !

Ajouter un commentaire