AlternativeS DémocratiqueS - Notre situation en mars 2015

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Évolution économique

Depuis notre premier Congrès, il y a un an, la Crise générale du capitalisme s’est poursuivie et aggravée, mais sans effondrement cependant. Les pays qui étaient encore présentés comme étant sortis de la crise et des modèles à suivre, les États-Unis, le Japon et l’Allemagne, sont aujourd’hui à la peine. Les pays soi-disant “émergents” s’enfoncent. La Chine entre en récession ; le Brésil et la Russie y sont déjà.

Aujourd’hui, un thème à la mode chez les économistes, c’est la survie dans un monde à croissance zéro.

Quand elle existe encore, il faut examiner d’où provient la faible croissance résiduelle : elle est due aux dépenses des États. Comme ces derniers sont endettés plus que jusqu’au cou, les banques centrales fabriquent des yens et des euros à tout va.

Les conséquences de cette inflation monétaire restent un mystère. Nous ne disposons que de quelques éléments. Les riches accaparent cette manne et l’utilisent pour spéculer. L’argent n’atteint pas les circuits de la production, parce que le problème de l’économie n’est pas le manque de capitaux, mais le manque de débouchés. Cette faiblesse des débouchés provoque une guerre sur les prix qui stagnent ou régressent malgré les augmentations d’impôts comme la TVA. Ce qui signifie qu’en même temps, on court le risque d’hyperinflation avec l’injection de quantités énormes de monnaie, et on a déflation sur les prix des marchandises. À ma connaissance, c’est sans précédent dans l’Histoire et il serait étonnant qu’il en sorte quelque chose de bon.

Évolution sociale

L’accaparement de la richesse par une petite minorité, et encore plus par quelques poignées d’hyper riches s’accélère. 1 % des humains détiennent autant de richesse que les 99 % restants. Les 80 personnes les plus riches du monde détiennent autant de biens que la moitié pauvre de l’humanité.

La pauvreté et la misère se répandent, particulièrement dans la jeunesse.

Les conditions de travail sont toujours plus éprouvantes et humiliantes.

Évolution intellectuelle/morale/psychologique/mentale

Le capitalisme n’éprouve même plus le besoin de se justifier – d’ailleurs, le pourrait-il ? Il y a trente ans, il promettait la paix, le bonheur et la prospérité si l’on acceptait quelques mesures douloureuses mais transitoires. Aujourd’hui, il ne promet plus rien. C’est comme ça, comme le jour est le jour, comme la nuit est la nuit et comme la pluie mouille.

Le monde est devenu inexplicable. Dans cet univers incompréhensible, à chacun de se débrouiller pour survivre. Il y est requis d’être créatif, dynamique et optimiste.

Les résultats, on les constate : stress, anxiété, angoisse, dépression, folie, suicides. Les études récentes montrent que ces phénomènes sont devenus massifs et confirment ce que chacun pouvait constater autour de soi. Le stress, l’anxiété, l’angoisse, la dépression, la folie, les suicides sont les produits des tentatives individuelles pour s’adapter à un monde délirant.

Ils sont aussi la conséquence de l’intériorisation des problèmes sociaux. Autrefois, les difficultés sociales se traduisaient par des manifestations, des grèves, qui aboutissaient à des hausses de salaires, à des améliorations des conditions de travail, etc., bref à des avantages collectifs. La lutte opposait les travailleurs aux capitalistes. Aujourd’hui, les travailleurs ne combattent plus les capitalistes, mais s’opposent les uns aux autres. La solidarité a été remplacée par l’hostilité. Il en résulte un abandon et une solitude extrêmes. Il en résulte la perte du sentiment d’appartenance à une collectivité, la perte de cette composante essentielle de l’être humain qu’est le Moi social. De l’humain, il ne reste plus que l’égo individuel, bouffi à l’extrême et totalement fragilisé.

Cet égo boursoufflé est tellement vulnérable qu’il ne supporte plus la contrariété. Le désaccord est perçu comme une agression. D’où la recherche de relations détendues, bienveillantes, chaleureuses, unanimistes, mais qui ne se traduisent que par des illusions passagères parce qu’aucun projet collectif assez fort ne vient réguler les égos exacerbés, modérer les rivalités. D’où l’étape suivante, le repli sur soi et la mise en place d’écrans entre soi et les autres.

L’ultralibéralisme obtient un avantage extraordinaire de ses conséquences les plus monstrueuses. Beaucoup de personnes ne peuvent pas faire de la politique parce qu’elles sont stressées, angoissées, déprimées, suicidaires. Dans le même temps, c’est parce qu’elles n’arrivent plus à penser que leur souffrance est aussi intense. La pensée produit des représentations qui permettent de tenter de reprendre de manière active ce qui était subi jusque là.

Évolution politique

Trois évènements majeurs ont marqué l’année écoulée.

La progression du Front National

D’une part, la progression continue du Front National qui est devenu le premier parti de France et qui approche la majorité absolue aux seconds tours d’élections locales. Cette progression, nous l’avions prévue. Comme ses causes demeurent et se renforcent, tôt ou tard le Front National obtiendra la majorité des suffrages.

L’Union sacrée ou Esprit du 11 janvier

L’autre évènement nouveau, c’est ce qui s’est passé début janvier. Le peuple a réagi par une mobilisation sans précédent aux attentats terroristes. Le gouvernement a réalisé un sans fautes exceptionnel, ce qui montre qu’il était préparé à cette éventualité.

On a dit que les gens ne savaient pas bien pourquoi ils manifestaient. Mais là aussi, la décision de manifester ne s’est-elle pas faite dans un mouvement d’absence de pensée ? Ce grand rassemblement qui provoquait un apaisement ne s’apparente-t-il pas à une illusion groupale ?

L’illusion groupale survient après une phase dominée par l’angoisse persécutive, d’où le sentiment euphorisant d’être délivré de cette angoisse. L’illusion groupale cimente alors l’unité groupale.

Trois phénomènes accompagnent l’illusion groupale.

  • Le premier est la fabrication d’un bouc émissaire.
  • Le deuxième est la fabrication d’une idéologie égalitaire qui affirme la similitude des membres entre eux, qui nie la différence des générations, des sexes ou des classes sociales.
  • Le troisième est l’utopie d’un auto-engendrement du groupe. « Nous avons manifesté spontanément, il n’y avait pas besoin d’y réfléchir, pour défendre les vraies valeurs… »

Était-ce un ersatz de Moi social comme je l’ai pensé au début ? Non. Il s’agit d’un vrai sentiment d’appartenance collective, d’un vrai Moi social, même si ce qui réunit les foules n’est qu’illusions – à savoir la lutte contre le terrorisme, la liberté d’expression, les valeurs républicaines, la démocratie et la laïcité.

On ne lutte pas contre le terrorisme par des manifestations – les terroristes n’en ont rien à faire. Ils ne cherchent pas à gagner les cœurs. Ce ne sont pas des manifestations qui vont les arrêter.

La liberté d’expression est réservée aux plus riches et à ceux qui abondent dans leur sens. Toutes les pensées qui ne conviennent pas au capitalisme financier sont réduites au silence. À cette occasion, les politiciens ont tenté de faire passer un texte sur le secret des affaires, ce qui montre le cas qu’ils font de la liberté d’expression !

La République, qui est la chose publique, est attaquée jour après jour par les ennemis de l’État.

Notre démocratie n’est qu’une manipulation. Depuis longtemps les salariés et les travailleurs indépendants, qui constituent l’immense majorité de la population, n’ont plus voix au chapitre. Ils n’ont le choix qu’entre suivre tel ou tel représentants de la finance, telle ou telle fraction de la bourgeoisie. D’où l’effondrement de la participation électorale.

La laïcité est régulièrement attaquée par le pouvoir politique, que ce soit ouvertement par Sarkozy avec son discours de Latran ou sournoisement par Hollande avec son financement effréné de l’enseignement religieux – voyez la nouvelle université catholique de Lyon. Un nouveau culte est enseigné de plus en plus systématiquement dans les écoles, celui du veau d’or.

Des millions de manifestants ont défilé pour la défense de fantômes, d’illusions, mais le Moi social que cela leur a apporté est bien réel. Ce n’est pas la première fois qu’une telle manipulation se produit dans l’Histoire.

En 1982, la dictature des généraux argentins est à bout de souffle. En Grande-Bretagne, Margaret Thatcher qui est une des premières à avoir imposé l’ultralibéralisme, est au plus bas dans les sondages. Le 2 avril, l’armée argentine débarque dans les iles Malouines, qui ne disposent d’aucune défense militaire. Pour reconquérir ces iles, Margaret Thatcher envoie une immense expédition navale. Pour comprendre l’importance de ces iles perdues dans l’Atlantique sud, il faut savoir qu’elles comptent 3 000 habitants ! La guerre fera 900 morts et 2 000 blessés. Mais peu importe ! Le peuple argentin se soude autour de ses généraux tortionnaires et les peuples britanniques acclament la Dame de fer qui sera réélue l’année suivante, ce qui était inespéré.

Monsieur Hollande, qui connait son Histoire, semble s’en inspirer. Il serait grand bénéficiaire d’un conflit religieux qu’il a tout intérêt à attiser.

Syriza

L’émiettement de la société a favorisé la constitution de groupes centrés sur des sujets particuliers. La situation économique, écologique et sociale empirant malgré l’existence de cette multitude d’associations, l’idée suivante a été d’empiler leurs propositions pour en faire un projet alternatif. C’est la tâche des forums sociaux et ce qu’a parachevé Syriza.

C’est comme si, pour construire une voiture, on demandait à chacun d’apporter un élément. L’un vient avec une roue, l’autre avec un pneu, le troisième avec une portière, un autre encore avec un pare-brise, etc. Et on espère que ça va rouler.

Ça a d’autant moins de chances de rouler que personne ne s’intéresse au moteur, parce que c’est compliqué, ça n’est pas sexy, ça fait du bruit et ça sent mauvais. Enfin, presque personne, parce que les “experts” viennent avec leur vieux moteur ultralibéral à bout de souffle. L’individu libre sur le marché libre.

Tant que les législations sociales seront en concurrence les unes contre les autres, tant que les législations fiscales seront en concurrence, tant que les législations protectrices de l’écosystème seront en concurrence, tant que les capitaux circuleront librement sur le marché libre, il sera impossible de sortir de la Crise.

L’expérience grecque est en train de démontrer que l’alternative proposée par la “gauche radicale” n’est pas tenable. Il ne suffit pas de faire des catalogues de revendications pour être de gauche – il faudrait s’attaquer au système lui-même.

Évolution de notre parti

L’évolution de nos effectifs est décevante. Il y a un an, nous étions 16. Aujourd’hui, 15. Les départs sont discrets, comme des évanouissements. Il est cependant probable qu’ils sont dus à des désaccords politiques. Quand nous sommes passés des principes démocratiques généraux à la réflexion sur leur application concrète, il y a eu des ruptures. Sur l’Europe, sur l’euro. Probablement aussi sur l’analyse des attentats terroristes et sur la réponse qui s’en est suivie.

Nous sommes aussi immergés dans la société et atteints, comme les autres, par la souffrance qu’elle engendre et par la tendance des victimes au repli et à l’isolement.

Ne peut-on pas rattacher cela aussi pour une part à la question de la pensée qui est vecteur de lien avec les autres, mais aussi de liens à l'intérieur de soi ?

Le paradigme du moi ultralibéral contient en lui son propre paradoxe. La tentative de faire de l'individu la seule unité réelle et pensable d'un côté et la volonté d'uniformiser les individus d'autre part.

Actuellement dans le monde du travail qui voit l'explosion des “burn out”, on assiste à une désubjectivation de l'action professionnelle. L'action n'est plus précédée par la pensée de celui qui va réaliser l'acte professionnel, car il est soumis à des procédures et des protocoles de plus en plus contraignants ; l’être humain est traité comme une machine, d’où son immense souffrance qui s’exprime pour une grande part sur la scène professionnelle.

Les injonctions paradoxales produites par l'ultralibéralisme du type, soyez créatifs mais soumis à des protocoles qui ne supportent aucun écart, mettent l'être humain en crise, mais aussi les institutions dans lesquelles il a à travailler ou à être pris en charge (hôpitaux, palais de justice, écoles, mairies, services pour l'emploi…)

La mise en crise produit une rupture dans le cours des choses. Cela vient mettre en cause la continuité de soi, l'organisation des idéaux, la cohérence du mode personnel de pensée, d'agir, de ressentir, la fiabilité des liens d'appartenance, l'efficacité du code commun avec les autres.

Dans cet intervalle entre une perte assurée et une acquisition incertaine, que se passe-t-il pour l'individu pour qui les liens nouveaux ne sont pas encore établis ?

N'est-ce pas l'une des questions que pose la sortie du moi ultralibéral ? D'où des angoisses intenses face à toutes ces incertitudes, qui trouvent comme mode d'apaisement et de protection face à cette mise en crise, le repli sur soi et l'isolement, la fuite, où l’illusion groupale qui peut déboucher sur une guerre civile.

Nos échecs

Nous continuons à fonctionner en Assemblées Générales mensuelles, ce qui est prévu par nos statuts, mais seulement à titre provisoire. Nous ne sommes pas parvenus à nous implanter localement ni, par exemple, à présenter des candidats aux élections cantonales.

Les Commissions ont cessé de fonctionner.

Nos réalisations

Heureusement, des réussites contrebalancent largement ces lacunes.

Nos réflexions théoriques

La première réussite, c’est notre capacité à penser la situation, comme le dénote ce rapport. Vous ne trouverez nulle part ailleurs d’explication globale et cohérente de ce qui se passe. Un autre critère d’évaluation est la capacité prédictive de nos réflexions. Oui, ce que nous avions prédit s’est produit : la montée du Front National, l’aggravation de la Crise, la hausse du chômage, la misère des jeunes, la poussée des dépressions, des pathologies psychiatrique et des suicides, l’échec de la “gauche radicale”.

Nous sommes aussi en mesure d’expliquer nos difficultés de développement et l’apathie générale. D’une façon similaire à l’intériorisation des difficultés sociales et à leur transfiguration en problèmes personnels, l’hypothèse a été avancée que nos difficultés proviendraient de problèmes internes à AlternativeS DémocratiqueS, à savoir un mauvais accueil des arrivants. Nous en avons débattu et cela nous a conduits à rejeter cette explication et à élaborer la thèse du Moi social.

En effet, chaque être humain est double. Il porte en lui un égo individuel qui a pour tâche d’assurer sa survie et que tout le monde connait et perçoit fort bien. Mais il porte aussi en lui un moi social qui a pour tâche d’assurer la survie du groupe humain auquel il appartient. C’est ce dernier aspect qui fait que l’on dit de l’Homme qu’il est un animal social, ou un animal politique.

Ce moi double s’est développé pendant les centaines de milliers, voire les millions d’années de l’évolution de l’espèce humaine. Pendant tout ce temps, le groupe d’appartenance était un groupe de cueilleurs-chasseurs de quelques dizaines à quelques centaines d’individus.

Le passage au néolithique, c’était hier si l’on considère la durée de l’évolution biologique, a détruit les groupes primitifs et les a remplacés par des civilisations bien plus peuplées. Le groupe d’appartenance originel a donc disparu, mais pas le besoin d’appartenance à un collectif qui a été transféré vers des ensembles plus vastes ou multiples. Il peut par exemple y avoir allégeance d’un individu à une nation, mais aussi à une religion ou à un syndicat.

Le groupe d’appartenance doit être fort, fiable et durable pour être protecteur. Il ne doit pas être confondu avec un groupe informel et temporaire comme les passagers d’un paquebot ou les amis. Pour être protecteur, le collectif doit être protégé et ses membres prêts à sacrifier leurs intérêts individuels, voire leur vie pour le défendre.

Le problème, c’est que le capitalisme ne reconnait que des individus libres sur un marché libre. Il affirme que l’intérêt collectif est la somme des intérêts individuels. Le problème brulant, c’est que le capitalisme triomphant n’est plus réfréné par aucun contrôle. À l’ultralibéralisme triomphant dans le monde économique correspond le triomphe de l’ultra-individualisme dans le monde psychologique et relationnel. L’ultra-individualisme n’est que le pendant et le produit de l’ultralibéralisme. Ce n’est pas parce que les gens seraient devenus égoïstes que la société va mal, c’est parce que la théorie bourgeoise a vaincu que les gens sont devenus égoïstes.

Dans le monde ultralibéral, l’être humain est un être amputé. Il ressent forcément un vide intérieur qu’il cherche en permanence à combler par une course effrénée à la reconnaissance de son moi individuel, d’où la compétition grotesque des égos, et par une consommation tout aussi effrénée de biens matériels de substitution.

Nos propositions

À la suite de discussions souvent longues et ardues, mais la qualité est à ce prix, nous avons exposé des propositions qui permettraient de changer la société en la démocratisant. La démarche que nous avons suivie à consisté à débattre tant qu’il y avait des arguments nouveaux puis à conclure par un vote, sans nous fixer de délais au préalable. Cela a été très fructueux.

Nos propositions ne sont pas des vœux pieux, de vagues intentions incertaines. Ce sont des projets clairs, précis, réalisables. Je récapitule tout ce que cela concerne : l’éducation obligatoire, la dette, l’Europe, l’euro, le contrôle des élus, les revenus des élus, le droit à l’information. Rien que ça ! Nous n’avons pas perdu notre temps.

Notre site internet

Notre site internet est entièrement dû à Michaël et c’est une réalisation magnifique. AlternativeS DémocratiqueS vit dans la dynamique entre les rencontres de personnes physiques et la formalisation des réflexions sur son site. Ces deux pôles sont inséparables et indispensables. Si l’un de ces pôles venait à disparaitre, AlternativeS DémocratiqueS s’anémierait.

La journée de formation

Nous avons tenu une journée d’étude sur l’économie. À mon sens, c’était une réussite – malheureusement, nous n’avons pas eu de retours de la part des participants.

Quels peuvent être nos buts, nos objectifs dans la situation présente ?

En deux ans, et même depuis l’année dernière, nous avons beaucoup changé. D’une part, parce que la situation a évolué, d’autre part parce que nos réflexions et nos actions, les retours que nous en avons, nous ont changés nous-mêmes.

Les buts que nous pouvons nous assigner résultent de la situation et de notre vécu. J’aimerais bien proposer que notre objectif pour l’année à venir soit de prendre le pouvoir, mais ça manquerait légèrement de réalisme. Alors, nous contentons nous pour l’instant de saper le système ultralibéral.

Avant de triompher, l’ultralibéralisme a commencé par gagner la bataille des idées. Eh bien, nous devons nous en inspirer. La doctrine ultralibérale, qui se prétendait encore une science il y a quelques années, est en lambeaux. Pourtant, elle reste gravée dans les cerveaux et sert à justifier les mesures de “compétitivité”, de réduction des dépenses de l’État, de remboursement de la dette publique, etc. Elle constitue aussi le fondement des comportements hyper-individualistes.

D’une part, nous devons poursuivre nos opérations de déconstruction et de désintoxication.

D’autre part, il y a tant de choses à analyser et à comprendre ! Comment le capitalisme financier a-t-il pris l’ascendant sur le capitalisme industriel ? Le capitalisme financier est-il une négation du capitalisme, en ce sens qu’il se passe de la marchandise ? L’injection massive de liquidités dans les économies peut-elle conduire à un effondrement du système monétaire ?

Le processus de destruction des individus est-il un irréversible parce qu’il n’engendre aucune force de rappel ? Va-t-on vers la généralisation de la soumission par camisoles chimiques ?

Le système va-t-il perdurer en fabriquant du Moi social grâce à des guerres de religion ou des conflits ethniques ?

Le peuple peut-il penser et agir par lui-même ou est-il condamné à suivre des leadeurs ? Voilà la question centrale et dont nous allons débattre pendant cette journée.

Aujourd’hui, la plupart des gens croient qu’ils peuvent penser librement, par eux-mêmes, face à leur écran. Ce n’est pas possible. La pensée exige le frottement, la confrontation. Il faut mettre les têtes ensemble.

Nous rencontrer et mettre nos têtes ensemble, c’est combattre l’ultralibéralisme qui ne connait que des individus séparés les uns des autres et qui se vendent sur le marché, qui atomise la société. Et c’est le moyen de fabriquer les idées qui mettront à bas le système dans l’hypothèse où oui, le peuple serait capable de penser et d’agir par lui-même. J’estime que la fréquence de nos réunions, quelles qu’elles soient, est devenu bien insuffisant dans le contexte de l’effondrement moral actuel.

Propositions

Des travaux sont en cours sur l’immigration.

Il me semble nécessaire de formaliser des propositions économiques. Je pense à une réforme globale de la fiscalité et aussi à la propriété foncière.

La santé, et particulièrement la santé mentale, devrait être un de nos sujets de préoccupation.

Je propose aussi des rencontres culturelles, sans finalité politique immédiate, qui sortent de la pensée bourgeoise.

~

Il me parait nécessaire d’engager des réflexions plus approfondies sur les principes de l’économie. Il faut étudier comment fonctionne le moteur. Pour cela, je propose de reprendre l’étude de l’économie là où elle s’est arrêtée, avec Le Capital de Marx. Comme le dit la Bande dessinée « La ligue des économistes extraordinaires », « Dans Le Capital rien ne saurait perturber le jeu subtil de l’offre et de la demande cher aux classiques : pas de monopoles, pas de syndicats, pas d’interventions publiques, pas de Mélenchon, etc. En toute logique, tout se vend au juste prix : le capitalisme paie exactement le travail de l’ouvrier à sa valeur adéquate, point final » qui ajoute avec une hostilité certaine : « C’est l’astuce infernale du marxisme théorique. » Cette astuce infernale, nous sommes en plein dedans aujourd’hui.

Étudier Le Capital risque de ne pas susciter un enthousiasme extraordinaires, d’autant que nos cerveaux ont été conditionnés pour avoir des réponses automatiques rien qu’à entendre ce mot, Marx : « Ah ! ah ! ah ! » et « périmé ». Je propose de ne pas nous en tenir aux réflexes conditionnés, et de lire, individuellement, Le Capital lui-même ou Pour lire Le Capital de David Harvey, chapitre après chapitre et de nous réunir pour en discuter.

Cela prendra du temps et tout le monde risque de ne pas aller au bout. Pour remédier à cela, je propose de lancer une étude quand il y a au moins deux militants intéressés, suivie d’une autre ou d’autres à chaque fois que d’autres participants seraient assez motivés. De cette façon, en cas de défection, le groupe suivant pourrait récupérer les personnes esseulées.

Il serait ensuite possible d’étudier des auteurs plus contemporains comme Jacques Généreux ou Frédéric Lordon, mais on ne peut éviter de connaitre d’abord Marx avant d’en étudier les interprétations.

Rémi Castérès