AlternativeS DémocratiqueS - Comment ne pas réfléchir sans angoisser pour autant ?

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Source : CNIL

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Guide pratique


Comment ne pas réfléchir sans angoisser pour autant ?

Pendant des années, ça vous a été facile. La crise n’était qu’un mauvais moment à passer. Elle concernait les autres. Vous, vous saviez ce qu’il fallait faire pour y échapper, vous et vos enfants.

Mais voilà. Ça ne s’est pas passé comme vous l’imaginiez. L’angoisse vous étreint. Vous seriez presque amené à réfléchir.

Attention ! Vous pressentez le danger. Vous avez raison :

• Réfléchir déstabilise. Toute pensée étrangère est une agression à l’encontre de vos convictions. « L’esprit a une capacité quasi miraculeuse à organiser ses propres défenses contre l’ennemi extérieur, contre le fait ou l’idée inopportune qui risque de déstabiliser son système interne en y introduisant le doute et le trouble. »(1)

• Réfléchir est couteux en énergie. Le cerveau ne représente que 2 % de la masse corporelle mais il consomme 20 % de notre énergie. Cela suffit ! Il est inutile d’en rajouter !

• Réfléchir risque de vous éloigner des êtres qui vous sont chers. La réflexion risque de vous conduire à des actions imprévisibles aujourd’hui, que ne comprendraient ni vos amis ni les membres de votre famille.

• Réfléchir rend chauve et donne mauvaise haleine.

Pour vous faciliter la tâche, nous vous proposons dix façons pour ne pas réfléchir, méthodes observées sur des centaines de cas autour de nous. Choisissez celles qui vous conviendront le mieux. N’hésitez pas à en tester plusieurs.

• Évitez tout sujet de discussion qui risquerait de provoquer la réflexion. Tenez-vous en à la météo, aux matchs de football et aux résultats du loto. Avec un peu d’entrainement et des silences calculés, on peut tenir pendant des heures. Si on vous interroge sur votre métier, dites fermement que tout va bien et passez à autre chose. Ne répondez pas : « On fait aller ! », qui engendrerait la suspicion.

Des sujets autrefois anodins deviennent déplaisants. Ainsi, depuis qu’une majorité de Français ne partent plus en vacances, nous vous déconseillons fortement ce thème traditionnel. Méfiez-vous également des discussions sur la famille. On croit qu’on parle des enfants, on dérape involontairement sur leur avenir et l’angoisse surgit.(2)

Si quelqu’un insiste pour évoquer les sujets à risque, éloignez-le. S’en tenir strictement à la météo, au football et au loto, c’est à ça qu’on reconnait ses vrais amis.(3)

• Si vous ne pouvez pas échapper à une discussion sur les inégalités sociales, prenez une attitude de circonstance. Au choix :

– La compassion miséricordieuse à l’égard de l’importun. Faites dévier la conversation sur ses problèmes psychologiques.

– Tournez ses propos en dérision. Pour qui se prend-il ? Tout a déjà été dit, et par tant de monde ! Rien de nouveau sous le soleil !

– Faites mine de vouloir l’aider. Pourquoi n’écrirait-il pas un livre ? Si possible, en arrondissant les angles, de façon à ne pas choquer ses lecteurs. Insistez pour qu’il édulcore ses propos jusqu’à les vider de tout sens. S’il refuse, dites que c’est à cause de son attitude dogmatique qu’il n’est pas compris.

– Le système bancaire risquerait de s’effondrer ? Exigez des preuves. Quel jour, à quelle heure ? Pour l’instant, il fonctionne !

 

– Avertissement : ne tombez pas dans le piège de contredire votre interlocuteur ! D’argument en contre-argument, insidieusement, vous risquez de vous mettre à penser. Prenez modèle sur les judokas. Acquiescez complaisamment à tout ce qui est dit et à la fin, étalez votre adversaire en lui assénant : « Le problème, c’est que les gens ne veulent pas réfléchir ! » Il ne s’en remettra pas.

 

• Décidez quel gourou vous sortira de là. Il n’y a que l’embarras du choix : Hollande, Mélenchon, Montebourg, Strauss-Kahn, etc.

• Saturez votre emploi du temps. Ne laissez pas une minute libre à votre cerveau pour gamberger. Utilisez à fond FaceBook et consorts pour meubler votre esprit en permanence.

• Cherchez le trésor qui est caché au tréfonds de vous. Il y a de plus en plus d’activités pour cela : yoga, mandalas, méditations transcendantales…

• Comme il n’y a pas plus de trésor enfoui que de beurre en broche, profitez de ce que vous avez appris au cours des séances précédentes pour manipuler les autres à votre tour. Dans les sectes, il n’y a que le gourou à n’être jamais déçu !

• Si vous avez l’âme militante, donnez-vous à fond pour une cause quelconque et faites-en le sens de votre vie. Comme ça ne marche pas, baissez la tête et pédalez plus fort !

• Nous recommandons particulièrement le bénévolat aux restos du cœur. Ça fait toujours du bien de se comparer aux misérables. Mais soyez raisonnable ! Si jamais la pensée vous effleurait qu’un jour vous pourriez vous retrouver du côté des démunis, prenez votre courage à deux mains, prétextez une appendicite soudaine et fuyez.

• Répétez ce que vous avez entendu à la radio et à la télévision, même si vous n’y croyez pas vraiment. C’est le meilleur moyen pour vous convaincre des pires inepties.

~

Nous reconnaissons la difficulté de la tâche. Il devient malheureusement de plus en plus difficile de ne pas commencer à réfléchir. Vous avez tenu bon jusqu’à maintenant ; ce n’est pas au moment où la société multiplie les signes de délabrement qu’il faut craquer. Dans les pires difficultés, refuser de réfléchir, ça n’est qu’une question de volonté.

Munissez-vous d’un bidon d’essence, d’un briquet et rendez vous sur votre lieu de travail ou tout autre espace public. Non seulement vous ne serez plus tenté de réfléchir, mais vous serez débarrassé à jamais de l’angoisse et votre courage forcera l’admiration de vos amis et de votre famille. Dommage que les journaux aient pour consigne de ne pas en parler, de peur que cette “épidémie” se répande davantage.

 

(1) Georges Picard, Penser comme on veut, Corti, 2014

(2) Notre Comité pour la Prévention de l’Intelligence est partagé au sujet de la musique. Certains pensent qu’on peut en parler sans trop de risques, d’autres estiment que c’est également propice aux dérapages.

(3) Faute d’entrainement, les Grecs préfèrent rester cloitrés chez eux, tous les sujets habituels de conversation étant devenus déprimants.

Comité pour la Prévention de l’Intelligence

 

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